Fabrication de paniers de Madagascar

Madagascar est la 4ème plus grande île du monde (587 040 Km2) et possède d’énormes ressources naturelles. Les plus connues sont la fibre naturelle végétale telle que le raphia, le sisal, le penjy et le bouzaka…

Tongasoa Artisanal, fabricant et grossite en paniers de Madagascar, valorise l’artisanat malgache à travers tout le processus de fabrication de ses produits.

 

La fabrication de paniers de Madagascar est artisanale

Elle utilise des techniques respectant la nature. Par exemple pour tanner le cuir, le chlore est remplacé par de l’eau et des écorces afin de ne pas polluer les rivières.

Le rabane et le langara sont également des techniques utilisées pour le tissage. Dans le langage courant, on parle de paniers malgaches en raphia, rabane, langara, penjy, Bouzaka, Aravola, sans toutefois faire la différence entre la technique et la fibre végétale.

Le raphia, le penjy et le Bouzaka sont des fibres naturelles et le rabane et le langara sont des techniques de tissage.

Ainsi la fabrication de panier de Madagascar est effectuée par des villageois dotés d’un savoir-faire traditionnel artisanal de qualité, leur permettant de confectionner des sacs et cabas bordés de qualité totalement réalisés à la main ou avec des machines traditionnelles à tisser.

Ainsi, ces techniques et ces fibres naturelles respectent l’environnement et participent au développement du Commerce Équitable. L’entreprise Tongasoa Artisanal est le vecteur de cette qualité de fabrication de paniers de Madagascar.

Tannage des peaux de zébu pour la fabrication artisanale
des anses et des renforts en 
cuir végétal.

Mais le cuir végétal, qu’est-ce que c’est …en fait le cuir végétal c’est tout simplement…du cuir. Ce qui change et lui permet de porter l’appellation de cuir végétal, c’est le procédé de tannage. Pour du cuir classique, on utilise au moment du tannage des produits hautement polluants, comme par exemple des métaux lourds, et plus particulièrement du chrome, et tous ces produits sont évacués dans les rivières proche des tanneries, causant une grave pollution des eaux et des sols, le cuir végétal, lui, est tanné avec des produits actifs…végétaux ? Nos artisans utilisent du bois (copeaux de mimosas), dans leurs procédés de tannage, les peaux sont trempées dans un grand réservoir rempli d’eau et les écorces sont disposées entre chaque peau durant le trempage qui peu durer entre 3 à 8 semaines. C’est le procédé qui utilise le moins de produits chimiques.

Fibres végétales & techniques de tissage utilisés dans la fabrication de paniers de Madagascar

Le raphia

une fibre végétale qui provient des feuilles d’un palmier, appelé palmier à raphia. Le raphia est un produit entièrement écologique. En effet, son extraction permet d’entretenir et de régénérer les forêts à Raphia tout en fournissant un revenu aux populations locales. La fibre est obtenue de la feuille du palmier à raphia grâce à diverses techniques et opérations manuelles. Il peut être utilisé dans son état naturel ou être teinté.

La rabane

il s’agit d’un tissage effectué à partir de la fibre de raphia, elles sont confectionnées une à une sur des métiers à tisser de fabrication artisanale. De dimensions standard, 53/55 cms minimum de large et 1,60/1,65 m de long minimum.

Le langara

il s’agit aussi d’un tissage réalisé à partir de fibre de raphia. On le trouve en rouleau d’une largeur de 60, 90 ou 120 cm sur 50 mètres de long. Il existe trois qualités : Bourrue, Fine, Double fine.

Le penjy

Le « penjy » ou le jonc est un matériau dérivé du roseau abondant en milieu salé a proximité des mangroves de la côte. A Madagascar, l’appelation du jonc varie d’une région à l’autre (penjy, vondro). Il est très utilisé car peu couteux, il ne nécessite aucun soin particulier, il est abondant et très maniable.

Le bouzaka

Le « bouzaka » est une herbe très dure et résistante utilisée principalement dans la vannerie, pour les paniers elle est tressée suivant un procédé appelé Aravola (prononcer aravoul) ou Sobika, l’appellation « panier en aravola » est d’ailleurs restée pour nommer ces paniers en fibre de bouzaka.

Article paru dans la revue AMINA
Magazine n°473, septembre 2009

Interview

Jeune Malgache sensibilisée par les problèmes de son île, Baptistine tente à sa façon d’aider les siens en développant une économie durable et équitable.

Vous êtes née à Fénérive-Est ?

Je suis issue d’une famille de cultivateurs très courageux que j’ai vu travailler du matin au soir. Je suis restée auprès d’eux jusqu’à l’âge de 25 ans.

Voilà bientôt dix ans que je vis en France. Je suis mariée et deux enfants ont vu le jour, mais ma famille est loin de moi, elle est restée à Madagascar.

J’ai très souvent la nostalgie, heureusement mon entreprise m’oblige à me rendre deux fois par an sur l’île, et de cette façon j’en profite pour passer de longs moments auprès des miens.

Comment vous est venue l’idée d’importer l’artisanat ?

Ces dernières années, j’ai beaucoup travaillé et n’ai jamais rechigné à la tâche. J’ai occupé un poste au service conditionnement des huîtres, dans des conditions très difficiles pour une personne venant d’un pays chaud ! J’ai ensuite fait de nombreuses heures de ménage dans différents endroits.

Puis un jour, la nostalgie aidant, j’ai souhaité mettre en avant l’artisanat malgache. Pourquoi ne pas importer le savoir-faire de mon pays afin de le faire découvrir aux Français, et par la même occasion faire travailler des artisans locaux.

J’ai étudié ce projet, j’en ai parlé à mon époux qui a validé mes ambitions.

Qu’est-ce qui vous plaît dans cette activité ?

Grâce à ma petite entreprise je donne du travail aux artisans malgaches. Depuis la naissance de mon activité, leur économie s’accroît et les commandes sont de plus en plus importantes. Je suis tout à fait ouverte à leurs propositions de nouveaux produits.

J’ai le sentiment de participer à l’économie d’un pays en difficulté, c’est mon bonheur !

Comment les distribuez-vous ?

C’est là le plus difficile car cette activité me demande énormément de travail. Heureusement mon époux me soutient. Je fais tous les marchés de la région, les salons, j’assiste à toutes les nocturnes.

Je suis aussi grossiste en paniers malgache. Et je diffuse dans toute la France et à l’étranger.

Comment vous organisez-vous ?

Mon entreprise a vu le jour en 2005. Je connaissais des artisans malgaches et suis allée à leur rencontre. L’idée a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme.

J’ai pensé et dessiné les modèles et choisi la fibre. Leurs créations sont faites en raphia, fibres de « bouk », de coco, toile de jute. Certaines sont peintes à la main. Les artisans travaillent avec beaucoup de passion et de goût, ils maîtrisent les fibres végétales avec dextérité.

Ces derniers temps, ils recyclent le métal pour en faire des petites voitures, produits dont les Français sont friands car très originaux.

Deux fois par an, je me rends dans mon île pour me réapprovisionner. En novembre, je commande les quantités et les modèles, et en février je viens récupérer ma commande.

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